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Être jeune en Afrique rurale - Appel à Contribution de la revue Afrique contemporaine

07/10/2015

Ce numéro d'Afrique Contemporaine sera consacré aux jeunes habitants dans l’Afrique rurale. Pour ce dossier, l'AFD invite les auteurs à faire acte de candidature en envoyant une courte note d’une page (problématique du texte, exposé du déroulé de l’argumentaire, exposé des données, des sources et terrains mobilisés) avant le 30 octobre à l'adresse indiquée ci-dessous.

 

Résumé du numéro

Ce numéro d'Afrique Contemporaine vise à  analyser les conditions de vie des jeunes qui résident aujourd'hui dans les milieux ruraux, leurs modalités d'autonomisation et leurs trajectoires familiales et économiques, notamment pour les jeunes agriculteurs (acquisition de la terre, des savoirs, nouvelles pratiques agricoles...). Ces jeunes de plus en plus instruits, de plus en plus connectés, mobilisent les moyens à leur disposition (familiaux, associatifs, étatiques) pour construire leur avenir, dans l’agriculture mais aussi dans les autres secteurs économiques.

 

Conditions de soumission

Les articles devront avoir un format de 35 000 signes espaces compris (notes de bas de page et bibliographie comprises) dans leur version destinée à la publication, ainsi qu’un court résumé de 800 signes (espaces compris), des mots clés et la biographie de l’auteur (150 signes). Les auteurs pourront intégrer à leur article des iconographies (cartes, graphiques, photos, dessins, etc.)

Ils suivront la procédure d’évaluation scientifique auprès de deux référés anonymes et du comité de lecture d’Afrique contemporaine.

La soumission des appels à propositions et des articles se fait sur la plateforme Editorial Manager à l’adresse suivante : http://www.editorialmanager.com/afriquecontemporaine/

La publication finale des articles sera conditionnée au succès de la procédure d’évaluation scientifique auprès de deux référés anonymes et du comité de lecture d’Afrique contemporaine.

Vous pouvez nous contacter pour toutes précisions aux adresses suivantes : benedicte.gastineau@ird.fr ; valerie.golaz@ined.fr et fortuiti@afd.fr .
 

Calendrier

  • Envoi de la proposition d’article : le 30 octobre 2015.
  • Réponse de la rédaction d’Afrique contemporaine aux auteurs : le 15 novembre 2015 au plus tard.
  • Envoi d’une première version des articles présélectionnés : le 15 mars 2016.
  • Publication du numéro : 4ème trimestre  2016.
     


Présentation du rapport annuel 2013 sur les Perspectives Économiques Régionales pour l'Afrique

13/05/2013

L'AFD invite le Fonds Monétaire International (FMI) à présenter le 13 mai son rapport annuel sur les perspectives économiques régionales pour l'Afrique. Cette année, la présentation met l'accent sur les défis du développement des subventions dans le secteur de l'énergie.

Très répandues en Afrique, les subventions ont pour but de protéger les consommateurs en maintenant les prix bas. Mais elles coûtent cher à l’État — et donc aux contribuables — et elles peuvent compliquer les efforts que déploient les pouvoirs publics pour réduire les déficits budgétaires et aider directement les pauvres.

Elles entrent aussi en concurrence avec d’autres dépenses publiques prioritaires, notamment celles qui sont allouées à la construction de routes, à l’éducation et à la santé.

► Retrouvez l'invitation ici



Appel à contribution : Afrique contemporaine - « Engagement politique des diasporas africaines. Le comportement électoral des migrants »

31/10/2014

« Engagement politique des diasporas africaines. Le comportement électoral des migrants » Dossier coordonné par : Jean-Philippe Dedieu (CIRHUS/NYU), Thibaut Jaulin (CERI/Sciences Po) & Etienne Smith (Sciences Po)

Les travaux consacrés au rapport au politique des migrants ont progressivement mis au jour un continent négligé, voire inconnu, de pratiques et de savoir-faire politiques. Témoignant de la prégnance du modèle assimilationniste dans les études migratoires, ils ont longtemps été exclusivement dédiés à l’intégration politique des migrants dans les pays de résidence. La récente diffusion du paradigme transnational dans les sciences sociales a contribué à renouveler cette approche. Elle a permis aux chercheurs spécialisés dans les études migratoires de s’affranchir du nationalisme méthodologique et, ce faisant, d’ouvrir la voie à l’examen de la participation des émigrés à la vie politique et de leur pays d’accueil, et de leur pays d’origine.

La participation des diasporas à la vie politique de leurs pays d’origine a été renforcée par l’octroi - de plus en plus répandu - de la double nationalité et de la double citoyenneté ainsi que du droit de vote aux non-résidents. Depuis 1991, le nombre de pays qui a adopté des dispositions pour faciliter l’exercice du vote à l’étranger a ainsi été multiplié par quatre, passant de près de 30 à plus de 100 à la fin des années 2000. Pour le seul Continent africain, plus de la moitié des Etats permettent à leurs citoyens établis à l’étranger de participer aux élections nationales de leur pays d’origine.

Toutefois, si la plupart des travaux scientifiques sur le vote externe ont porté sur des pays caribéens ou sud-américains (Mexique ou République dominicaine), européens (Italie ou Portugal) et asiatiques (Philippines), les conditions historiques, politiques et sociales qui ont permis l’octroi du vote externe aux diasporas africaines ont en revanche été l’objet d’une moins grande attention de la part des chercheurs.
Aussi ce dossier d’Afrique contemporaine se propose-t-il de réunir des contributions inédites sur la participation des migrants aux élections de leur pays d’origine qu’elles émanent d’historiens, de politistes ou de sociologues spécialistes du continent africain.

THÈMES

Les thèmes qui peuvent faire l’objet d’un article sont notamment, mais pas exclusivement, les suivants :
1. Modalités de mise en œuvre du « vote à distance » ou « vote externe »

  • Quelles relations peut-on établir entre vote externe et changements politiques (« transitions démocratiques », sorties de conflits armés, révolutions de type « printemps arabes ») ?
  • Quelle est l’histoire de la mise en œuvre du vote à distance ?
  • Quelle typologie des dispositifs développés peut-on dresser ?
  • Quels sont les obstacles pratiques et les coûts induits, autant pour les Etats que pour les électeurs potentiels du recensement électoral, de l’inscription sur les listes jusqu’à l’acte de vote ?


2. Mobilisation politiques : Pratiques électorales et pratiques non électorales

  • Dans quelle mesure l’engagement partisan des diasporas est-il lié ou corrélé à d’autres types d’engagements qu’ils soient associatifs ou syndicaux ?
  • Quels rôles jouent les organisations « communautaires » locales ?
  • Comment se déroulent les campagnes électorales à l’étranger ?
  • Quels sont les liens éventuels entre participation aux élections nationales et participation aux élections locales ?


3. Electeurs et élus

  • Quelles sont les caractéristiques socio-démographiques des électeurs, qu’il s’agisse de la « première génération » ou de la « seconde génération »?
  • Dans quelle mesure les électeurs « externes » votent-ils comme les électeurs « internes », toutes choses étant égales par ailleurs ?
  • Quelle est l’influence éventuelle de l’expérience migratoire et de la socialisation dans le pays de résidence ?
  • Faut-il distinguer le comportement électoral de la diaspora en Afrique et hors d'Afrique ?
  • En se fondant sur une analyse prosopographique des candidats et élus aux élections nationales ou locales, peut-on discerner un impact de l’intensification des flux migratoires depuis ces dernières décennies?


4. Transfert monétaires et transferts sociaux

  • Dans quelle mesure le développement du droit de vote pour les diasporas peut-il permettre de penser ou repenser la relation entre transferts monétaires (monetary remittances) et transferts sociaux (social remittances)?
  • Les transferts monétaires réalisés par les migrants aux familles restées au pays ont-ils un impact sur le comportement électoral de ces dernières ?
  • Dans quelle mesure et sous quelles conditions peut-on observer une influence des familles restées au pays sur le comportement électoral des migrants ?


5. Méthodologies

  • Quelles sont les échelles d’analyse pertinentes pour le vote externe ?
  • Comment appréhender la question du contexte (famille, amis, collègues, réseaux partisans et associatifs, etc.) dans la double perspective locale et transnationale qui caractérise les élections à distance ?
  • Comment remédier au manque d’homogénéité et de fiabilité des statistiques migratoires ?

PAYS

A l’exception du Mali, du Sénégal et de la Tunisie, qui seront traités par les coordinateurs du dossier, l’ensemble des pays du continent africain, de l’Égypte aux pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, peuvent faire l’objet d’articles centrés soit sur un seul pays, soit sur une comparaison entre plusieurs pays.

Calendrier

Le calendrier pour la publication de ce dossier est le suivant :

  • Envoi d’une courte note d’une page environ exposant la problématique du texte, l’exposé de l’argumentaire, des données et terrains mobilisés: le 20/01/2015au plus tard.
  • Réponse de la rédaction d’Afrique contemporaine aux auteurs : le 10/02/2015 au plus tard.
  • Envoi d’une première version des articles présélectionnés : le 01/06/2015.
  • Publication du numéro : quatrième trimestre 2015


Dans leur version destinée à la publication, les articles pourront avoir deux formats :

  • le format standard est de 35 000/40 000 signes espaces compris (incluant les notes de bas de page et la bibliographie) ;
  • un format de 8 000/10 000 signes espaces compris (incluant les notes de bas de page et la bibliographie) est également envisageable pour des articles traitant de pays qui sont moins couverts par la littérature scientifique existante et pour lesquels les données sont plus « éparses ».


Les articles qui s’appuieront sur des matériaux iconographiques (cartes, frises, chronologies ou photographies) sont particulièrement bienvenus.
L’ensemble des articles suivra la procédure d’évaluation scientifique auprès de deux lecteurs anonymes, du Comité de lecture d’Afrique contemporaine ainsi que des coordinateurs du dossier.

Soumission des articles

La soumission des appels à propositions se fait sur la plateforme Editorial Manager à l’adresse suivante : http://www.editorialmanager.com/afriquecontemporaine/
Vous pouvez nous contacter pour toutes précisions aux adresses suivantes : etienne.smith@sciencespo.fr et fortuiti@afd.fr

Bibliographie indicative

Bauböck, Rainer (2007) « Stakeholder Citizenship and Transnational Political Participation: A Normative Evolution of External Voting », Fordham Law Review, 75(5), pp. 2393-2447.
Brand, Laurie A. (2010) « Authoritarian States and Voting from Abroad », Comparative Politics, 43(1), pp. 81-99.
Brand, Laurie A., (2014) « Arab uprisings and the changing frontiers of transnational citizenship: Voting from abroad in political transitions », Political Geography, 41, pp. 54-63.
Calderón Chelius, Leticia (2003) Votar en la distancia. La extensión de los derechos políticos a migrantes, experiencias comparadas, Mexico: Instituto Mora and Coordinacion General para la atencion al migrante Michoacano.
Collyer, Micheal&Vathi, Zana (2007) « Patterns of Extra-territorial Voting », Working paper T22, Development Research Centre on Migration, Globalisation and Poverty, University of Sussex.
Dedieu, Jean Philippe, Lisa Chauvet, Flore Gubert, Sandrine Mesplé-Somps, Etienne Smith (2013) « Les ‘batailles’ de Paris et de New York. Une analyse du comportement électoral transnational des migrants sénégalais en France et aux États-Unis », Revue française de science politique, 63(5), pp. 865-892.
Dedieu, Jean Philippe (2013) « Mali’s Scattered Democracy.How Migrants from Paris to Guangzhou Influence the Vote », Foreign Affairs, August 2013.
Docquier, Frédéric, Elisabetta Lodigiani, Hillel Rapoport, Maurice Schiff (2011) « Emigration and Democracy », IZA DP, n° 5496, Bonn: Institute for the Study of Labor.
Gallagher, Dennis & Anna Schowengerdt (1998) « Participation of Refugees in Postconflict Elections », in Kumar, Krishna (eds) Postconflict Elections, Democratization, and International Assistance, Boulder: Lynne Rienner Publishers, pp. 195-213.
IDEA and IFE (eds) (2007) Voting from Abroad. The International IDEA Handbook, Stockholm & Mexico City: IDEA & IFE.
Itzigsohn, Jose &Villacrés, Daniela (2008) « Migrant political transnationalism and the practice of democracy: Dominican external voting rights and Salvadoran home town associations », Ethnic and Racial Studies, 31(4), p. 664-686
Itzigsohn, Jose (2000) « Immigration and the Boundaries of Citizenship: The Institutions of Immigrants’ Political Transnationalism », International Migration Review, 34, pp. 1126-1154.
Jaulin, Thibaut (2014) « Les territoires du vote à distance : l’élection tunisienne de 2011 à l’étranger », Espace politiques, 23(2).
Lafleur, Jean Michel (2013) Transnational Politics and the State. The External Voting Rights of Diaspora, New York and London: Routledge.
Laguerre, Michel (1999) « State, Diaspora, and Transnational Politics : Haiti Reconceptualised », Millenium, 28, pp. 633-51.
Levitt, Peggy (1998) « Social Remittances: Migration Driven Local-Level Forms of Cultural Diffusion », The International Migration Review, 32, pp. 926-48.
Østergaard-Nielsen, Eva (2003) Transnational Politics. Turks and Kurds in Germany. London: Routledge.
Rhodes, Sybil & Arus Harutyunyan (2010), 'Extending Citizenship to Emigrants: Democratic Contestation and a New Global Norm.'. International Political Science Review, 31, pp. 470-93.
Rubio-Marín, Ruth (2006) « Transnational Politics and the Democratic Nation-State: Normative Challenges of Expatriate Voting and Nationality Retention of Emigrants », New York University Law Review, 81, pp. 117-47.

 

 



Appel à contribution : Afrique contemporaine - « Une grande Afrique orientale en devenir ? »

22/09/2014

« Une grande Afrique orientale en devenir ? » Dossier coordonné par Marie-Aude Fouéré (EHESS) et Hervé Maupeu (LAM-UPPA)

L’Afrique orientale, entité à géométrie variable si l’on s’éloigne du sens que lui donna jadis la colonisation britannique et que l’on s’intéresse aux dynamiques politiques et économiques qui, aujourd’hui, contribuent à en redessiner les contours, a longtemps été appréhendée comme un patchwork de systèmes politiques et économiques de nature extrêmement différente. La divergence, dans les années 1960-1970, entre les voies de développement suivies par la Tanzanie et le Kenya, l’un socialiste, l’autre capitaliste, l’un attaché à ne compter que sur ses propres forces, l’autre ouvert aux investissements étrangers, illustre ces options politiques et économiques autonomes arrimées à des processus de construction des souverainetés nationales. Les régimes autoritaires installés dans nombre de pays allant de la mer Rouge aux portes de l’Afrique australe, et jusque dans les pays des Grands Lacs, les guerres civiles ou interétatiques qui les ont déchirés et en déchirent toujours certains, ou encore la lente désagrégation de certains États, ont interdit toute forme pérenne de régionalisme politique et économique. L’échec de la première Communauté est-africaine a témoigné de la difficulté d’une coopération à l’échelle régionale, encore plus d’une intégration, face aux crispations souveraines, aux divergences économiques, aux déstabilisations armées. Malgré une histoire ancienne de connexions et d’échanges entre les différents pôles socioculturels qui composent cette grande Afrique orientale (les Grands Lacs, la côte swahilie, l’hinterland ethnicisé, la Corne), le temps colonial et postcolonial a accru les divisions identitaires, les hiérarchisations économiques, les blocages dans la circulation des hommes, des biens, des idées.

Pourtant, depuis quelques années, la donne change. Les expériences et les approches nouvelles qui s’observent révèlent une interconnexion croissante entre les acteurs, qu’ils soient étatiques ou non étatiques, des pays de cette grande Afrique orientale. La vague des ajustements structurels enclenchée au milieu des années 1980, qui a eu pour effet de mettre fin aux divergences économiques antérieures entre socialisme et capitalisme, a entraîné l’apparition d’expériences de coopération régionale multisectorielle, sans délégation de souveraineté, appuyées sur des politiques d’harmonisation des régimes fiscaux ou juridique, du droit des affaires ou des assurances. Le renouveau des projets de construction de blocs d’intégration fondés sur des politiques économiques communes, des réductions tarifaires et la promotion du commerce interrégionale (EAC, SADC, COMESA) facilite les échanges des biens et des capitaux. Les acteurs privés (multinationales, PME et PMI, commerçants) sont aussi des agents de cette dynamique de développement par l’interconnexion, dans des domaines tels que les télécommunications, les banques, les réexportations automobiles, l’industrie mécanique, ou les biens de consommation. La stabilisation de pays anciennement en conflit, comme le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda ou le Mozambique, malgré des formes renouvelées d’autoritarisme, a facilité les circulations au sein du vaste hinterland est-africain. Elle rend possible le développement d’important projets d’infrastructure et de mises en place de réseaux techniques (rail, télécom, route, pipeline, lignes électriques), incluant l’Éthiopie et le Sud-Soudan.
Des zones grises affaiblissent cependant l’optimisme qui anime ces grands projets d’interconnexion destinés à renforcer les économies à l’échelle de la sous-région et à augmenter l’attractivité des investisseurs étrangers, qu’il s’agisse des acteurs internationaux historiquement privilégiés (États-Unis, Grande-Bretagne, pays de l’Union européenne) ou des pays émergents (principalement, la Chine et l’Inde, mais aussi la Turquie ou l’Indonésie) : les Grands Lacs, avec notamment les Kivu de la République démocratique du Congo, zone de non-droit qui perturbe la stabilisation du Burundi, du Rwanda et de l’Ouganda, et avec un Rwanda gouverné d’une main de fer qui refuse les compromis ; le Sud-Soudan, dont les ressources pétrolières sont convoitées par les pays de la sous-région, principalement l’Éthiopie, le Soudan et le Kenya, mais qui est toujours aux prises avec ses guerres intestines ; la Somalie, État sans État aux milliers de réfugiés, dont le terrorisme exporté déstabilise toute la zone, et affecte fortement le Kenya, moteur économique de l’Afrique orientale.

L’objet de ce dossier est de rendre compte des dynamiques économiques, politiques et sociales qui rendent possible ces nouvelles interconnexions, en cours ou à venir, mais qui sont et seront, en retour, transformées par celles-ci, donnant lieu à d’importantes recompositions politiques et économiques dans toute la sous-région que ce dossier vise à documenter et analyser. Parmi les thèmes possibles, les axes suivants seront privilégiés sans toutefois être restrictifs.

Infrastructures et développement. Les nouvelles interconnexions qui se développent en Afrique orientale et permettent la circulation des idées et des pratiques, des biens et des capitaux, et des hommes et des femmes, se cristallisent, dans les débats et les projets actuels, sur la construction d’infrastructures (rail, télécoms, route, pipeline, lignes électriques). Ces infrastructures transfrontalières doivent prendre la forme de « corridor(s) », terme récurrent dans les documents de description des projets de développement de la région, mais aussi chez les analystes et universitaires. Il s’agit ici de s’interroger sur cette nouvelle rhétorique de la promotion des interconnexions par ces couloirs multifonctionnels conçus comme la panacée pour désenclaver les pays de l’intérieur vers l’océan Indien, faciliter les échanges transfrontaliers, et créer de nouveaux maillons de développement dans des espaces jusqu’à présent périphérique, comme dans le cas du LAPPSET au Nord-Kenya. Sur quels fondements (calculs économiques, modélisation) ces projets d’interconnexions sont-ils rendus légitimes ? Comment le « corridor » ou l’interconnexion par l’infrastructure coexistent-t-ils avec les nouveaux projets de développement lancés par les États, en particulier pour la lutte contre la pauvreté ? Comment est-il instrumentalisé par chaque État, partie prenante du projet, en interne ? Est-il possible de construire à travers un projet transnational à caractère régional, une idée nationale ? On notera que la thématique du corridor a une certaine historicité dans la région et un regard rétrospectif sur les projets de corridors sera bienvenu. Dans le cas des ressources naturelles, on se demandera à quelles conditions les infrastructures envisagées ne renvoient pas à une logique de pillage des régions par quelques acteurs, et pourront au contraire bénéficier aux populations locales, comme les plans de développement nationaux l’annoncent ? Enfin, il s’agit aussi de s’interroger sur les rapports qui se dessinent entre interconnexion régionale par des infrastructures de type corridor et la construction régionale. Au sein des rhétoriques étatiques, le corridor, dans sa forme matérielle, est fait le symbole du tissage de relations entre les États, mais ces rhétoriques font l’économie d’une réflexion sur l’intégration politique nécessaire à la pérennité des relations financières et économiques que le corridor devrait créer, et sur l’asymétrie dans le contrôle de ces corridors et des bénéfices devant être dégagés.

Financement et coopération internationale. Le financement des infrastructures permettant une interconnexion physique et géographique des pays de la grande Afrique orientale, condition indispensable au développement des flux des hommes, des capitaux et des biens/ressources, est le nerf de la guerre. Il importe de rendre compte de ses modalités et mécanismes, actuels et à venir, parce que l’intervention actuellement observée, et qui va en se renforçant, de nouveaux acteurs publics et privés du financement (en particulier issus des pays émergents, principalement la Chine et l’Inde, et quelques pays de la péninsule arabique dans des secteurs particuliers) va contribuer à transformer le paysage du financement du développement (avec notamment le retour des aides bilatérales après des décennies de financement par l’aide internationale, les IDE et les PPP), et plus généralement des relations internationales. Quelles en sont (et seront) les conséquences sur le repositionnement des acteurs traditionnels du développement (en particulier, la Banque mondiale, mais aussi les États du Nord) ? Comment les modes de négociations des pays est-africains, à l’échelle de chaque État ou à celle des blocs politiques et économiques en construction, vont-ils se transformer face à des financeurs dont les conditionnalités sont faibles ? Comment les États de la zone, qui ont des ressources humaines et naturelles, et des savoir-faire différents, vont-ils réussir (ou non) à coopérer face aux acteurs du développement, sachant que les pays où de ressources naturelles ont récemment été mises à jour (pétrole au Kenya et en Ouganda, gaz naturel au Mozambique et en Tanzanie) vont être des pôles d’attractivité forts face à des États moins bien pourvus ? Est-ce que l’exploitation de ces ressources naturelles va influencer les structures de coopération régionale ? Dans quelle mesure l’Occident va-t-il participer à cette nouvelle phase du développement socio-économique de cette région ?

Recompositions politiques. L’interconnexion actuellement observée en Afrique orientale est un phénomène impulsé par des processus globaux de mondialisation de l’économie auquel les États de la sous-région doivent faire face, mais que ces mêmes États contribuent aussi actuellement à favoriser par leurs choix politiques et économiques. Ces États, pour la plupart convertis au pluripartisme et qui, pour certains d’entre eux, ont adopté une nouvelle Constitution – bien que la démocratisation de la vie politique soit très inégale d’un pays à l’autre – jonglent entre renforcement de l’idée nationale et tissage de réseaux de relations bilatérales ou multilatérales à l’échelle de la sous-région. L’équation entre nation et région, entre local, régional et international, n’est pas aisée. On se demandera donc comment les projets d’interconnexion sont appropriés (ou non) par les différents acteurs politiques en présence, et comment les acteurs non étatiques (société civile, acteurs privés, acteurs internationaux) se positionnent. Les rapports entre le monde politique, économique et financier face à ces interconnexions en cours, notamment à la vue des chevauchements évidents entre les acteurs qui composent ces mondes, doivent être dessinés pour saisir combien le destin de ces projets en est tributaire. On insistera sur le rôle des entrepreneurs politiques et des élites politiques (les chefs d’État, les hommes de pouvoir) de ces pays, à la fois par le biais d’une sociologie des acteurs et d’une sociologie des relations interétatiques. La question des échéances électorales nationales est cruciale pour comprendre le devenir de ces projets, comme le montrent les dernières élections kényanes. Les recompositions politiques que ces nouvelles connexions servent et opèrent tout à la fois ne s’observent pas qu’à l’échelle nationale : ce sont les relations entre États qui sont affectées et peuvent mener à des heurts et conflits concernant les « pratiques d’exploitation verticale des États », les interdépendances vécues comme trop contraignantes par les États, ou la remise en question des monopoles sur les marchés et sur les rentes.

Sécurité. D’après les sondages, la sécurité est la préoccupation première des citoyens de la plupart de ces pays. Elle est le fait d’acteurs variés, allant de l’État par ses politiques publiques mais aussi ses pratiques autoritaires, policières et/ou criminelles, aux groupes de miliciens de quartier ou instrumentalisés pendant les élections, en passant par le terrorisme international, principalement venu de Somalie. Les projets actuels d’interconnexion par les infrastructures sont fortement tributaires de la sécurité des régions concernées, comme dans le cas du grand projet de corridor du LAPSSET, dans le Nord-Kenya. Comment ces considérations sécuritaires se concrétisent-elles sur les choix de financement de ces projets, et sur leur dessin ? Comment les pays essaient-ils de se prémunir contre ces différents types d’insécurités, qui peuvent être locaux, nationaux ou régionaux, mais qui se chevauchent et s’entrecroisent de manière croissante, comme le montre le terrorisme somalien infiltrant la jeunesse des pays qu’il vise ? Quels dispositifs spécifiques sont mis en place (redistribution, dispositif sécuritaire national et régional) pour que les interconnexions accrues souhaitées, voire l’intégration régionale visée, qui sont conditionnées par la paix dans et entre les États, puissent être fonctionnelles, sachant pourtant que certains États profitent en sous-main du terrorisme pour accroître leurs activités criminelles (trafics de drogue et d’armes, racket organisé) ? Comment la question sécuritaire, enfin, affecte-t-elle les déplacements humains indispensables aux flux de biens et de capitaux, qu’il s’agit des migrations volontaires de travail, courtes ou pérennes, ou des déplacements forcés, sachant que certains pays de la sous-région doivent faire face à des milliers de réfugiés internes et internationaux ?

Calendrier

Le calendrier de ce dossier, susceptible de modifications est le suivant.
Faire acte de candidature en envoyant une courte note d’une page (problématique du texte, exposé du déroulé de l’argumentaire, exposé des données et terrains mobilisés) : le 20 novembre 2014 au plus tard.
Réponse de la rédaction d’Afrique contemporaine aux auteurs : le 30 novembre 2014 au plus tard.
Envoi d’une première version des articles présélectionnés : le 30 mars 2015.
Publication du numéro : 3e trimestre 2015.

Les articles devront avoir un format de 50 000 signes espaces compris (notes de bas de page et bibliographie comprises) dans leur version destinée à la publication. Ils suivront la procédure d’évaluation scientifique auprès de deux référés anonymes et du comité de lecture d’Afrique contemporaine.

Soumission des articles

La soumission des appels à propositions se fait sur la plateforme Editorial Manager à l’adresse suivante : http://www.editorialmanager.com/afriquecontemporaine/
Vous pouvez nous contacter pour toutes précisions aux adresses suivantes : marieaude.fouere@gmail.com et fortuiti@afd.fr

Bibliographie indicative

Infrastructures et développement

Boone, C. (2014), Property and Political Order in Africa. Land Rights and the Structure of Politics, Cambridge, Cambridge University Press.
Borras, S.M., Franco, J.C. (2012), “Global Land Grabbing and Trajectories of Agrarian Change. A Preliminary Analysis”, Journal of Agrarian Change, vol. XII, p. 34-59.
Porhel, R., Leon, A. (2013), « L’influence des corridors dans le développement régional : le cas de l’EAC », Observatoire des Grands Lacs en Afrique, Note n° 2.

Financement et coopération internationale

Auge, B., Nakayi, R. (2013), “Eastern Africa. A New Oil and Gas Frontier”, Observatoire des Grands Lacs en Afrique, note n° 1.
Patey, L.A. (2014), The New Kings of Crude. China, India, and the Global Struggle for Oil in Sudan and South Sudan, Hurst & Co Publishers.< Recompositions politiques
Arriola, L.R. (2013), Multiethnic Coalitions in Africa. Business Fianncing of Opposition Election Campaigns, Cambridge, Cambridge University Press.
Hansen, S.J. (2013), Al-Shabaab in Somalia. The History and Ideology of a Militant Islamist Group (2005-2012), Londres, Hurst & Company.
Tripp, A.M. (2010), Museveni’s Uganda. Paradoxes of Power in a Hybrid Regime, Boulder, Lynne Rienner Publishers.

Sécurité

Baker, B. (2008), Multi-Choice Policing in Africa, Uppsala, Nordiska Afrikainstitutet.
Kaarsholm, P. (2006), Violence, Political Culture and Development in Africa, Oxford, James Currey.



La prise en charge du VIH/sida en Afrique

10/07/2014

95 % des personnes vivant avec le VIH vivent dans les pays en développement et les deux tiers d’entre elles en Afrique subsaharienne. Pourtant, cette partie du monde comptabilise seulement 3 % des personnels de santé et consomme 1 % des dépenses mondiales de santé (OMS, 2006). Pour pallier ces carences, l’optimisation de l’organisation du travail du personnel de santé est envisagée depuis quelques années par certains pays pilotes comme un moyen de faciliter la prise en charge du VIH. 

A partir de la littérature scientifique répertoriée sur PubMed (environ 80 articles) et des principaux rapports ou guides publiés par la communauté internationale en matière de délégation des tâches, ce document fait le point sur le déploiement de ces stratégies et sur leur impact en terme d’amélioration de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.

Mai 2014 | Laurent AVENTIN - ESTHER

 



MacroDev n°15 | Ghana : les enjeux de la croissance face à la montée des déséquilibres

10/07/2014

Le Ghana se trouve à un stade décisif de son processus de développement. D’une part, l’économie ghanéenne reste très dépendante de l’exploitation des matières premières. Le pays doit engager un processus de diversification de la structure de son économie afin de relever le défi de l’emploi et d’assurer une croissance pérenne et plus inclusive. D’autre part, le pays est confronté à des déséquilibres macroéconomiques croissants qui risquent de peser sur sa trajectoire de croissance et d’hypothéquer ses avancées en matière de développement. Cette étude présente une analyse de la situation macroéconomique et sociopolitique du Ghana. Elle s’articule autour de cinq parties : (i) l’analyse de l’environnement sociopolitique ; (ii) les évolutions structurelles du modèle de croissance de l’économie ghanéenne ; (iii) les fragilités des finances publiques ; (iv) les vulnérabilités du système bancaire ; et (v) l’évolution des équilibres externes.

 

 
 
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